On me parle souvent des bienfaits des animaux auprès des personnes âgées. On m'en parle aussi auprès des enfants. Mais que se passe-t-il quand on réunit les trois autour du même projet ? C'est la question que pose la médiation animale intergénérationnelle, par exemple entre une classe et un EHPAD. L'idée est simple sur le papier : faire se rencontrer régulièrement des élèves et des résidents, autour d'ateliers où un animal médiateur sert de fil conducteur.
Pourquoi l'animal facilite la rencontre entre les générations
Un enfant de 8 ans et une personne de grand âge n'ont pas forcément de sujet commun. L'animal, lui, en crée un immédiatement. Il ne juge personne. Il apaise. Il suscite l'intérêt sans qu'on ait besoin de forcer la conversation. Quand Tips, mon finnois de Laponie, s'allonge calmement dans une pièce, le regard de tout le monde converge vers lui. L'enfant et le résident regardent la même chose, en même temps. C'est déjà un début de lien.
Selon les publics, je choisis l'animal médiateur. Tips est calme, doux et attentif, ce qui convient bien aux personnes âgées. Uxo, mon berger américain miniature, est plus énergique et joyeux : il est à l'aise dans les ateliers enfants et en groupe. Tap-Tap, mon lapin bélier, rassure les personnes impressionnées par le chien et se prête bien aux ateliers sensoriels. Depuis fin août, Gaston et Philippe, mes deux cochons d'Inde, viennent aussi en séance. Leur petite taille rassure les personnes que le chien intimide, et elle invite à ralentir le geste, à observer.
Ce que chacun y trouve, concrètement
Pour les enfants, un projet comme celui-ci est un apprentissage du respect du vivant, de la douceur et de la gestion des émotions. Ils apprennent à décoder les signaux de l'animal : un chien qui choisit de s'allonger contre quelqu'un dit quelque chose de clair, il se sent en sécurité. Apprendre à lire ça, c'est aussi apprendre à mieux lire l'autre, quel que soit son âge.
Pour les aînés, ces ateliers sont une stimulation cognitive et motrice. Mais au-delà, ils offrent une occasion d'être valorisés en transmettant quelque chose aux plus jeunes. Un résident qui montre à un enfant comment tenir une friandise ou comment brosser un animal n'est plus seulement une personne accompagnée : il devient celui qui sait, celui qui transmet. Ces moments partagés rompent la routine et créent parfois des souvenirs communs très forts.

Les effets que j'observe sur le terrain
Je reste honnête sur ce que je vois. La médiation animale ne soigne pas, ne guérit pas et ne remplace aucun traitement ni suivi médical. C'est un accompagnement complémentaire. Cela dit, certains effets sont visibles dès les premières séances.
- Le développement de l'empathie. En apprenant à observer l'animal, les élèves affinent leur attention aux autres.
- La rupture de l'isolement. Pour les résidents, ces rencontres régulières créent un rendez-vous attendu, un moment qui compte dans la semaine.
- La confiance et la communication. Des enfants réservés en classe prennent naturellement la parole pour expliquer à un aîné comment approcher l'animal. L'un de mes retours résume bien ça : en quinze minutes, un enfant a obtenu plus de sourires que trois heures de discours n'en auraient produit.
Les conditions de réussite
Un projet intergénérationnel comme celui-ci ne s'improvise pas. Il demande une préparation rigoureuse, et je préfère le dire clairement plutôt que de le survendre.
La sécurité et le bien-être de l'animal d'abord
Rien ne se fait sans animaux préparés, habitués à des environnements variés, et dont le rythme est strictement respecté. Un cochon d'Inde comme Philippe vient de lui-même au contact et vocalise énormément, mais il n'aime pas être porté : on respecte ça. Gaston, plus réservé au départ, tolère la proximité contenante une fois la confiance installée, pas avant. Chaque animal a ses limites, et c'est à moi de les faire respecter, pour lui comme pour les personnes.
Le travail d'équipe
Rien ne tient sans une collaboration étroite entre l'intervenante que je suis, l'enseignant et l'équipe soignante de l'EHPAD. C'est une co-construction. Chaque structure a ses contraintes, ses objectifs, son public. Je ne débarque pas avec un programme tout fait : on définit ensemble des objectifs adaptés, et je propose une évaluation en fin de séance ou de cycle pour mesurer ce qui a fonctionné.
La régularité dans la durée
Les liens se construisent sur le temps. Une rencontre unique produit un joli moment, mais c'est la régularité qui permet aux repères de s'installer et aux progrès de prendre racine. Un projet intergénérationnel se pense sur un cycle, pas sur une séance isolée.
Ce que ce type de projet rejoint dans ma pratique
Monter un projet entre une classe et un EHPAD prolonge ce que je fais déjà sur le terrain, dans plusieurs registres. J'anime de la lecture assistée par l'animal à la Bibliothèque de Marly, un atelier « Apprends à parler chien » avec Doggoverse à Metz, et j'ai conduit un cycle de médiation animale auprès des aidants à la Maison des Aidants de Nancy. À chaque fois, l'animal est le même type de passerelle : il met les gens en lien, à leur rythme.
J'interviens aussi bien en EHPAD qu'en IME, ITEP, foyers, écoles et bibliothèques, auprès d'enfants dès 3 ans, d'adolescents, d'adultes, de personnes âgées, de personnes concernées par la maladie d'Alzheimer, Parkinson, un TSA, un TDAH ou une situation de handicap, et auprès des aidants familiaux. Un projet intergénérationnel réunit simplement plusieurs de ces publics autour d'un même temps.
Qui je suis et comment on démarre
Je m'appelle Jennifer De Groeve. Je suis praticienne certifiée en médiation animale, aide-soignante diplômée avec plus de 20 ans dans le soin et l'accompagnement, formée à l'IFZ. Ma pratique est inscrite dans la charte de déontologie de l'Institut français de zoothérapie, et je suis membre du Syndicat Français des Zoothérapeutes. Je suis basée à Vigny, dans le 57420, et j'interviens à Metz, Thionville, dans toute la Moselle, et ponctuellement jusqu'à Nancy.
La séance individuelle est à 60 € HT, déplacement inclus en Moselle. Pour les groupes et les structures, comme un projet entre une classe et un EHPAD, je travaille sur devis. Au-delà de la Moselle, j'applique 0,40 € HT par kilomètre. Le premier échange téléphonique est gratuit et sans engagement : c'est le moment pour me parler de votre idée de projet, du public concerné et de vos contraintes, pour qu'on voie ensemble ce qui est réaliste.