Faut-il travailler en séance individuelle ou en petit groupe ? Comment choisir le bon format ? C'est une question qu'on me pose régulièrement, souvent quand une structure m'appelle ou souhaite monter un projet. La réponse n'est pas seulement une histoire de nombre de personnes disponibles. Pour moi, le format de la séance fait déjà partie de l'accompagnement.
Avant de choisir, je cherche à comprendre
Avant de décider entre individuel et petit groupe, j'évalue la situation. Qui sont les personnes accompagnées ? Quelles sont leurs capacités, leurs difficultés ? Comment communiquent-elles ? Comment réagissent-elles dans un groupe ? Peuvent-elles attendre leur tour ? Ou, au contraire, la présence de plusieurs personnes risque-t-elle de mettre quelqu'un en retrait, de l'agiter, de rendre l'observation plus difficile ?
Et surtout : qu'est-ce qu'on souhaite réellement travailler ? On ne choisit pas le même cadre selon qu'on veut favoriser la communication, soutenir la mobilisation, travailler la confiance en soi, encourager la prise d'initiative, la relation aux autres, ou simplement permettre une première rencontre avec l'animal.
Quand je privilégie l'individuel
Dans certaines situations, je préfère l'individuel. Ce format permet d'aller beaucoup plus finement dans l'observation. Je peux laisser davantage de temps à la personne, ralentir la séance, répéter les choses autrement, modifier une consigne, ou même abandonner ce que j'avais prévu si ce qui se passe ce jour-là montre un chemin plus pertinent.
C'est important : une séance est préparée, mais elle n'est pas figée. Il m'arrive d'arriver avec plusieurs propositions, et la personne a finalement besoin de tout autre chose.
En individuel, je peux aussi repérer des éléments très discrets. Une initiative qui apparaît. Un regard porté sur l'animal. Une demande spontanée. Une hésitation. Une difficulté à organiser une action. Une façon particulière d'entrer en relation. Tous ces petits signes sont souvent moins visibles dans un groupe.

L'individuel est donc particulièrement intéressant quand on débute un accompagnement, quand une personne présente des difficultés importantes, ou quand on a besoin de comprendre comment elle va se saisir de cet accompagnement avant d'aller plus loin.
Ce que le petit groupe apporte en plus
Pour autant, l'individuel n'est pas systématiquement préférable. Le petit groupe permet de travailler des choses qu'on ne peut pas aborder de la même façon en tête-à-tête. Dès que plusieurs personnes sont présentes, de nouvelles interactions apparaissent : attendre, observer, demander, proposer, coopérer, accepter qu'une personne fasse différemment, respecter un choix, ou trouver sa propre place.
L'animal devient alors un point d'appui dans les échanges. Quelqu'un explique à un autre comment approcher le chien. Une personne aide à préparer quelque chose pour le cochon d'Inde. Une autre encourage sa voisine, propose une solution, ou observe simplement avant d'oser participer. Tout cela est très riche à travailler.

Mais il y a une vraie différence entre un petit groupe construit autour d'objectifs et le simple fait de réunir beaucoup de personnes autour d'un animal. Plus le nombre de participants augmente, plus je dois être vigilante. Est-ce que chacun peut réellement trouver sa place ? Est-ce que je peux encore observer les réactions individuelles ? Est-ce que certaines personnes ne vont pas disparaître derrière les plus à l'aise ?
L'animal, élément central du choix
Le format ne peut pas se décider uniquement à partir des besoins humains. Je dois aussi regarder quel animal peut intervenir. Son tempérament. À quel point il est confortable. L'environnement, le bruit, les mouvements, la proximité des personnes, la durée de la séance.
Un animal à l'aise avec une personne ne le sera pas forcément avec son voisin. Et une séance réussie n'est pas une séance pendant laquelle l'animal doit tout accepter. J'adapte donc le nombre de participants, les distances, la façon dont les rencontres se font. Parfois, je choisis même de ne pas utiliser le même animal selon les séances.
C'est là que le choix compte. Tips, mon finnois de Laponie, est calme, doux et attentif : il convient particulièrement aux personnes âgées. Uxo, le berger américain miniature, est énergique et joyeux, à l'aise dans les ateliers pour enfants et les groupes. Tap-Tap, le lapin bélier, ouvre les ateliers sensoriels et rassure les personnes qui ont peur des chiens. Le cochon d'Inde, lui, est sensible et se manipule avec délicatesse.
Le format peut évoluer
Un format n'est pas gravé dans le marbre pour tout un accompagnement. Je peux commencer par quelques séances individuelles, le temps d'observer une personne, de créer des repères, de construire une relation sécurisante. Puis, quand cela devient pertinent, proposer une rencontre avec d'autres personnes pour travailler d'autres compétences.
L'inverse existe aussi. Une personne habituellement accompagnée en groupe peut ponctuellement avoir besoin d'un temps individuel, pour travailler quelque chose de plus spécifique.
Comment je construis un accompagnement
C'est pour cette raison que je commence généralement par échanger avec la famille ou les professionnels. Nous définissons ensemble des objectifs concrets. Puis vient l'observation. Parce qu'entre ce qu'on imagine au départ et ce que la personne montre réellement en présence de l'animal, l'écart peut être important. Mon rôle est d'identifier cet écart et d'ajuster.
Je préfère donc un format qui a du sens à un format choisi parce qu'il est plus simple à organiser ou moins coûteux. Individuel ou petit groupe, l'un n'est pas meilleur que l'autre : ce sont deux cadres différents qui permettent de travailler des choses différentes.
Le bon format est celui qui permet à la personne d'être actrice de la séance, qui répond aux objectifs définis, et qui me permet de préserver les conditions nécessaires au bien-être et au respect des animaux. La vraie question n'est pas combien de personnes je peux mettre dans une séance, mais dans quelles conditions cette séance aura réellement du sens, pour les personnes accompagnées comme pour les animaux. C'est à partir de là que je construis mon travail.
En pratique en Moselle
Je suis Jennifer De Groeve, praticienne certifiée en médiation animale, aide-soignante diplômée avec plus de vingt ans dans le soin et l'accompagnement, formée à l'IFZ. Je suis basée à Vigny (57420) et j'interviens à Metz, Thionville et dans toute la Moselle, ponctuellement jusqu'à Nancy, à domicile comme en structure (EHPAD, IME, ITEP, foyers, écoles, bibliothèques).
La séance individuelle est à 60 € HT, déplacement inclus en Moselle. Les groupes et les interventions en structure se font sur devis. Au-delà de la Moselle, je compte 0,40 € HT par kilomètre. Le premier échange téléphonique est gratuit et sans engagement : c'est souvent là qu'on commence à réfléchir ensemble au format le plus juste. Une évaluation est proposée en fin de séance ou de cycle.
La médiation animale ne soigne pas, ne guérit pas et ne remplace aucun traitement, diagnostic ou suivi médical. C'est un accompagnement complémentaire, cadré et évalué.