Aller au contenu principal
Méthode 10 min de lecture

Comment se passe un accompagnement en médiation animale : la méthode étape par étape

Jennifer De Groeve
Comment se passe un accompagnement en médiation animale : la méthode étape par étape

On me pose souvent la question, dans les structures que j'accompagne comme chez les particuliers : « Concrètement, ça se passe comment ? ». C'est une question légitime. La médiation animale, pour beaucoup, évoque encore l'image d'un animateur qui débarque un après-midi avec un chien, fait passer du bon temps aux résidents, et repart. Ce n'est pas du tout ça.

Un accompagnement en médiation animale, quand il est fait correctement, c'est un programme structuré, pensé avec les équipes en place ou avec les aidants, construit autour d'objectifs précis et mesurables. Voici comment je travaille, que je sois en EHPAD ou structure médico-sociale à Metz ou Nancy, en IME, en école, en périscolaire, en service d'AEMO, ou chez un particulier à domicile.

Étape 1 : on identifie les objectifs avant tout le reste

Tout commence par un échange. Avec la structure, avec les aidants, avec les intervenants, voire directement avec la personne ou le public concerné si c'est possible. Cet échange a un seul but : identifier ce qu'on cherche vraiment à travailler.

Ce n'est jamais le même besoin. Parfois c'est apaiser des troubles du comportement. Parfois c'est recréer du lien quand il s'est abîmé, entre des personnes âgées isolées, entre un enfant et son entourage, entre des résidents d'un même lieu qui ne se parlent plus. Parfois c'est stimuler la mémoire, notamment chez des personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Par exemple, pour une personne atteinte d'Alzheimer, les objectifs peuvent être de retrouver des moments de qualité et de présence à domicile. Parfois c'est travailler la confiance en soi, la communication, ou aider à la verbalisation des émotions.

Les objectifs sont quasiment illimités, à une condition : qu'ils soient cadrés, posés, et clairs. Flous, ils ne servent à rien. Nommés, ils deviennent mesurables.

Et s'ils ne sont pas réalisables, je pense qu'il faut aussi se le dire. Autant de franchise au départ évite des désillusions ensuite. Si je vois que ce que la structure attend n'est pas atteignable avec de la médiation animale, je le dis. Même si ça me coûte un contrat. Parce qu'un accompagnement qui n'aboutit à rien n'apporte rien à personne.

Étape 2 : on construit un cadre régulier

Une fois les objectifs posés, on définit un cadre. C'est la colonne vertébrale de tout le programme.

La fréquence des séances, d'abord. Le plus souvent, je travaille tous les quinze jours. Ça peut être toutes les semaines quand l'intensité s'y prête, ou une fois par mois quand l'organisation ne permet pas plus. Peu importe la fréquence exacte, ce qui compte c'est la régularité. La médiation animale fonctionne sur la durée et sur la répétition. Une séance isolée a peu d'impact. Une séance toutes les deux semaines pendant six mois crée une routine, une attente, un rituel que les personnes suivies commencent à attendre. C'est souvent là que les effets les plus profonds apparaissent.

On pense ensuite à l'environnement. Où va se dérouler la séance ? Quelle pièce ? Quel espace extérieur si c'est pertinent ? Le lieu doit être calme, adapté aux animaux qui m'accompagnent, et sécurisant pour les personnes.

Et bien sûr, la sécurité. Des humains, et des animaux. Parce qu'une séance de médiation animale n'est une réussite que si tout le monde en ressort bien : la personne accompagnée, l'équipe, et les animaux qui travaillent avec moi. Le respect mutuel est non négociable.

Étape 3 : on pose un budget réaliste

Je ne pense pas qu'il faut éviter de parler d'argent. Un programme comme celui que je propose demande un investissement. Ce n'est pas gratuit, ça ne peut pas l'être si on veut que ce soit sérieux et pérenne.

Mais cet investissement doit rester cohérent avec les moyens de la structure, ou du particulier. Je préfère un programme un peu moins ambitieux sur le papier mais réellement réalisable, plutôt qu'un projet idéal qui s'effondre au bout de trois séances parce que le budget n'a pas tenu.

Pour construire quelque chose de viable, je propose généralement des cycles de cinq séances. Je trouve que c'est un bon équilibre : c'est suffisamment court pour que ce ne soit pas un engagement vertigineux, et suffisamment long pour qu'on puisse travailler les objectifs et observer les premiers effets.

Cinq séances, ce n'est pas un chiffre magique. C'est un point de départ. Pour voir les vrais effets de la médiation animale sur une personne, l'idéal c'est bien sûr de poursuivre au-delà, de renouveler les cycles. Mais cinq séances permettent déjà d'amorcer quelque chose de concret.

Étape 4 : le suivi, c'est ce qui fait la différence

Je ne sais pas comment travaillent les autres praticiens. Je sais comment je travaille, et je sais ce qui explique mon tarif : c'est le suivi.

Chaque séance se compose de trois temps que l'on voit rarement dans leur totalité quand on regarde de l'extérieur.

Avant la séance, il y a la préparation. Elle est personnalisée. Je ne viens pas avec la même séance préparée pour tout le monde. Je réfléchis à ce qu'on a travaillé la dernière fois, à ce qui a fonctionné et ce qui a moins bien pris, à ce que la personne ou le groupe semble prêt à aborder aujourd'hui. Je choisis les exercices, les animaux qui viendront avec moi ce jour-là (tous ne travaillent pas sur toutes les thématiques), le matériel nécessaire.

Tips, finnois de Laponie

Tips

Finnois de Laponie, doux et attentif

Uxo, berger américain miniature

Uxo

Berger américain miniature, dynamique

Tap-Tap, lapin bélier

Tap-Tap

Lapin bélier, sensoriel et apaisant

Chaque animal a sa place, selon l'objectif de la séance.

Pendant la séance, il y a la séance elle-même, bien sûr. C'est la partie visible.

Après la séance, il y a l'observation et l'ajustement. J'observe ce qui s'est passé. Ce qui a marché, ce qui a coincé, ce qu'il faut modifier pour la prochaine fois. J'ajuste. Et je crée des évaluations structurées qui me permettent de mesurer les évolutions au fil du temps.

Est-ce que l'objectif qu'on s'était fixé est en train d'être atteint ? Est-ce que la personne s'apaise ? Est-ce qu'elle rentre plus facilement en relation qu'au début ? Est-ce qu'elle participe davantage ? Ces questions, je ne les garde pas pour moi. Je les documente, je les partage avec les équipes quand je travaille en structure, avec les proches quand je travaille avec un particulier. Pour un enfant TDAH ou TSA par exemple, ces évaluations permettent de mesurer les évolutions émotionnelles séance après séance.

Étape 5 : bilan de cycle, et on continue ou pas

À la fin de chaque cycle de cinq séances, je fais un point avec l'équipe ou l'entourage. Ce bilan n'est pas une formalité administrative, c'est un moment clé.

On évalue ensemble ce qui a fonctionné. Ce qui peut être poursuivi parce que les effets sont là et qu'il reste de la marge pour progresser. Ce qui doit peut-être s'arrêter, parce qu'on est arrivé au bout du chemin ou parce que la personne n'accroche pas et qu'il faut le reconnaître plutôt que s'obstiner.

C'est ce bilan qui conditionne la suite. Pas une reconduction automatique. Une décision prise à deux, ou à plusieurs, basée sur des observations concrètes.

Pour finir : une complémentarité, pas un remplacement

Je veux être claire sur un point : la médiation animale ne remplace pas les approches déjà existantes. Elle ne remplace pas un psychologue, pas un psychomotricien, pas un orthophoniste, pas un accompagnement médical, pas les interventions éducatives d'une équipe d'EHPAD ou d'un service AEMO.

Elle vient en complémentarité. Les structures médico-sociales utilisent souvent la médiation animale en complément de leurs dispositifs existants. Elle propose des supports parfois plus accessibles, plus ludiques, plus concrets pour certains publics qui ont du mal avec les formats traditionnels. Un enfant anxieux qui refuse de parler avec un adulte peut se mettre à parler avec le chien qui est à côté. Une personne en fin de vie qui ne verbalise plus grand-chose peut retrouver un sourire et un geste de caresse.

Ce sont ces moments-là qu'on cherche à créer, à multiplier, à inscrire dans la durée. Pas pour en faire des cartes postales, mais parce qu'ils ouvrent souvent la voie à autre chose : un peu plus de calme, un peu plus de lien, un peu plus de participation.

Si vous vous reconnaissez dans ce que je viens de décrire, que vous soyez aidant, directeur ou coordinatrice de structure, ou parent, n'hésitez pas à m'écrire pour qu'on échange. Un premier contact ne vous engage à rien, et me permet de comprendre concrètement votre situation. On verra ensemble si un programme a du sens, dans quel cadre, pour quel objectif.

Jennifer De Groeve

Zoothérapeute certifiée IFZ — Moselle (57)

Praticienne en médiation animale depuis plusieurs années, Jennifer intervient auprès de tous les publics avec Tips, Uxo et Tap-Tap. Elle partage ici ses observations de terrain et ses réflexions sur le métier.

Envie d'en savoir plus ?

Réservez un appel découverte gratuit et sans engagement avec Jennifer.