On me parle souvent du bien-être des personnes que j'accompagne. C'est normal, c'est le cœur de mon métier. Mais il y a une question qu'on me pose beaucoup plus rarement, et qui me tient pourtant tout autant à cœur : et mes animaux, eux, ils vivent comment en dehors des séances ?
Alors aujourd'hui, je vous emmène dans les coulisses. Parce qu'un animal médiateur, ce n'est pas un outil qu'on range dans un placard entre deux interventions.
Le burn-out du chien, ça existe
On a tendance à l'oublier, mais un chien peut se fatiguer, se saturer, se vider. Le burn-out animal, ce n'est pas une image : un chien qui travaille trop, un lapin qu'on sollicite sans relâche, ça finit par créer du stress, parfois de l'agressivité. Une forme d'épuisement, tout simplement.
Si je ne respecte pas ça, je ne mets pas seulement mon animal en danger : je dégrade aussi la qualité de mon accompagnement. Un animal saturé n'a plus envie d'aller vers les gens, et ça se voit.
C'est pour ça que j'apprends à lire les signaux d'apaisement. Pendant une séance, je surveille en permanence : est-ce que Tips s'isole un peu trop ? Est-ce qu'il bâille, est-ce qu'il évite le contact ? Est-ce qu'un de mes cochons d'Inde cherche à se cacher ? Ce ne sont pas des caprices. Ce sont des messages. Et mon travail, c'est de les entendre avant qu'ils ne se transforment en mal-être.
Une vraie vie en dehors du travail
En dehors des séances, mes animaux ont une vie d'animaux. C'est aussi simple que ça, et c'est essentiel.
Tips et Uxo, mes deux chiens, sont lâchés tous les jours dans des endroits différents. Ils ne savent jamais où on va ni à quel moment. Ils peuvent renifler, courir, se baigner, partir, revenir. En dehors de la maison, ce sont vraiment des chiens qui ont la belle vie.
Chacun a ses préférences. Tips, son jeu préféré, c'est la balle : c'est son moment de décompression totale. Uxo, lui, c'est plutôt le bâton ; il aime explorer, renifler, prendre son temps, et il adore se mettre dans l'eau. Tap-Tap, mon lapin bélier, profite du dehors dès qu'on est présents : il pique des courses dans l'herbe avec les chiens, il explore, il se pose comme s'il bronzait au soleil, et il aime sauter sur nos pieds pour réclamer de l'attention.
Uxo près de l'eau
Son terrain de jeu préféré
Tips au champ
Le calme après la course
Tips à la rivière
Libre de renifler et d'explorer
Tap-Tap dans l'herbe
Le lapin bélier en exploration
Sortie au jardin
Les cochons d'Inde prennent l'air
À leur rythme
Les plus jeunes s'habituent au dehors
Les plus jeunes apprennent à leur rythme
J'accueille aussi des cochons d'Inde encore jeunes, en plein apprentissage. Eux, je ne les emmène pas tout de suite en séance. On commence par les manipuler régulièrement, les stimuler, les sortir dehors, les habituer progressivement aux autres animaux.
L'idée, c'est d'attendre qu'ils soient parfaitement à l'aise avec nous avant même d'envisager le travail. Mais surtout, de leur donner d'abord une vraie vie de cochon d'Inde. Le métier vient après. Toujours.
Garder le lien autrement
Hors des séances, j'essaie de garder mon lien avec mes chiens dans le jeu et dans le câlin. L'idée, c'est de continuer à communiquer avec eux, parfois juste d'un regard, et de les garder équilibrés au maximum. Pour qu'ils gardent surtout le plaisir de venir travailler avec moi.
Parce que c'est là que tout se joue. Un animal qui aime sa vie a envie d'aller vers les autres. Un animal contraint, fatigué ou frustré, non. La différence se sent dès la première minute d'une séance.
Ma plus grande fierté
S'il y a une chose dont je suis vraiment fière, c'est d'offrir à mes animaux un maximum de liberté. Ce n'est pas toujours évident, je l'admets. Ils ont leurs moments de folie, leurs caractères, leurs envies bien à eux. Mais voir Tips courir comme un fou dans un champ, Uxo plonger dans l'eau et Tap-Tap sauter dans l'herbe, c'est ce qui me rappelle pourquoi je fais ce métier comme je le fais.
Quand une famille ou une direction me confie un projet de médiation animale, elle me confie aussi le respect de mes animaux. Et ça, pour moi, ce n'est pas négociable. Un animal qu'on respecte est un animal qui travaille mieux, plus longtemps, et qui donne le meilleur de lui-même aux personnes que j'accompagne.