Chaque semaine, je prends la route avec mes animaux. J'interviens dans différentes structures du Grand Est, et à chaque fois que j'arrive, je suis souvent face au même constat. Si je dois me positionner, je dirais que dans les établissements, voire même en individuel chez les personnes âgées, il y a toujours ce besoin de présence et de lien, souvent disparu quand on est malade ou aidant. L'idée n'est pas de faire des promesses miracles, mais d'apporter des moments où les animaux permettent d'entrer en relation autrement.
En EHPAD : remettre du lien là où la solitude prend trop de place
En EHPAD, on peut se positionner sur l'idée de remettre du lien là où la solitude prend trop de place. Les soignants sont pris par le temps, malheureusement, et les journées sont assez rythmées par des soins purs. Au milieu de tout ça, il y a les résidents, qui ont besoin de relation, et qu'on oublie un peu trop souvent. Des familles parfois un peu trop absentes. Des personnes qu'on ne touche plus vraiment, ou qu'on touche de la même manière que pour un soin.
Et c'est là que l'animal change quelque chose. Quand un chien pose sa tête sur les genoux de quelqu'un, ou quand on vient caresser le lapin, la personne parle plus facilement, s'apaise. Du coup, je pense qu'il faut insister sur le fait que ce n'est pas une animation, mais réellement un temps de rencontre. Un temps où les personnes sont plus que des résidents, plus qu'un dossier ou une pathologie. Elles redeviennent vraiment quelqu'un qui ressent, qui réagit, qui se souvient.
À l'école et auprès des enfants : apaiser sans forcer
Auprès des enfants, dans une école, on est sur autre chose : ça permet d'apaiser sans forcer. C'est un public où le besoin de repos, d'apprendre à attendre, à respecter, à observer aussi, se travaille en douceur. Et quand l'animal est là, ça aide, parce qu'il ne met pas de pression.
C'est pareil pour la lecture assistée par l'animal : il ne demande pas forcément une bonne réponse, il ne juge pas, il invite simplement l'enfant à s'ajuster. Un enfant très agité, je l'ai vécu dans un groupe avec un enfant un peu TDAH, peut réussir plus facilement à adapter ses gestes, par exemple pour ne pas effrayer le lapin. Ou le chien peut se poser sur lui pour qu'il se calme. Ou tout simplement, un enfant qui a peur de parler en public va peut-être plus facilement parler avec le chien, ou reprendre confiance dans une activité concrète. Ce sont de petits moments qui ne changent pas tout, mais qui comptent beaucoup.
Dans nos régions : un vrai outil d'accompagnement, pas un gadget
Si on se positionne dans notre région, les besoins sont là. Dans quasiment toutes les structures, il y a aujourd'hui un intervenant en médiation animale, et je pense que les professionnels cherchent des outils concrets, autres que ceux qu'on a pu connaître à l'époque, pour soutenir le lien et l'apaisement.
Mais, encore une fois, il faut bien écrire que ça ne remplace pas les équipes. Ça vient plutôt en soutien. Créer un espace différent, où les personnes osent peut-être plus facilement participer, regarder, toucher, ou être présentes. Ce serait bien que cette pratique continue à trouver sa place dans nos régions, mais pas comme un gadget, pas non plus comme une animation : comme un vrai outil d'accompagnement, pensé avec les équipes, autour des besoins des résidents.
C'est exactement ce que je vois quand je décharge mes paniers dans une salle du Grand Est, que Tap-Tap s'installe et que Tips va dire bonjour. Le terrain me confirme la même chose chaque semaine : le besoin de lien est immense, et il y a une vraie place pour un accompagnement sérieux, à condition de ne jamais le confondre avec une visite récréative. Si vous travaillez dans une structure de la région et que vous vous demandez ce que la médiation animale pourrait apporter chez vous, le plus simple est d'en parler directement. Un appel suffit pour partir de vos réalités, pas d'une promesse toute faite.