C'est un sujet que je rencontre souvent en séance, plus encore en individuel qu'en groupe : les émotions qui remontent. Très souvent, j'accompagne des personnes qui se mettent à pleurer pendant la séance. Pas parce que la séance est triste. Elles pleurent parce qu'elles traversent une période difficile, parce qu'elles prennent conscience de quelque chose, parce qu'elles racontent quelque chose de lourd, ou parfois simplement parce que c'est un instant de pause.
Je précise souvent que ça arrive davantage en séance individuelle. Quand on est seul avec l'animal et moi, sans le regard d'un groupe, quelque chose se relâche plus facilement. La personne n'a plus à tenir, à donner le change. Et parfois, c'est exactement ce relâchement qui ouvre la porte aux larmes.
Il y a beaucoup de larmes différentes
Avec le temps, j'ai appris qu'il n'y a pas une seule façon de pleurer. Il y a des pleurs de fatigue. Des pleurs de soulagement. Des pleurs liés à un souvenir. Et puis il y a ceux qu'on retient depuis trop longtemps, qui sortent enfin parce que le moment le permet. Je ne cherche pas à les ranger dans des cases, mais ça m'aide à comprendre que ces larmes ne veulent pas toutes dire la même chose, et qu'aucune n'est de trop.
Ce que l'animal apporte, et qu'un humain ne peut pas apporter de la même manière
L'animal, lui, ne cherche pas à consoler comme un humain pourrait le faire. Il ne pose pas de questions. Il ne juge pas. Il apporte une présence simple et forte, et c'est précisément là que ça change tout.
Concrètement, ça ressemble à ça : un lapin posé sur une poitrine, qui reste immobile. Un chien qui se rapproche doucement, sans qu'on lui ait rien demandé, qui pose sa tête sur un genou ou qui vient se lover dans des bras. Parfois, j'irais même jusqu'à dire que l'animal ressent l'émotion avant nous. Il s'installe au bon endroit, au bon moment, et il reste.
Un temps hors du temps
Dans ces moments-là, mon accompagnement prend tout son sens. Ce n'est pas forcément spectaculaire, ce n'est pas forcément visible de l'extérieur. Mais la personne qui le vit, elle, peut le vivre comme quelque chose de très puissant.
Aujourd'hui, dans ce monde où tout va vite, où tout est tourné vers la performance, avoir un être qui accueille une émotion comme elle est, sans chercher à la corriger, ça peut paraître anodin quand on le raconte. Mais quand on le vit, c'est autre chose. C'est un temps hors du temps. Un espace où on peut juste amener ce qu'on ressent, sans avoir besoin de l'expliquer.
Ma place : accompagner, pas forcer
Mon rôle, dans ces moments, est de rester juste. Je ne suis pas là pour forcer la parole, ni pour interpréter à la place de la personne. Je suis là pour accompagner ce moment, pour respecter le rythme, et pour permettre que la présence de mes animaux devienne un appui.
L'idée, c'est d'accepter ce qu'on ressent et de l'amener tel quel. Si une émotion arrive, elle a sa place. Je n'ai pas besoin de la comprendre tout de suite, et la personne non plus.
Pleurer en séance, ce n'est pas craquer
Ce que j'aimerais surtout dire, c'est que quand on est en séance avec moi, on peut amener ses émotions comme elles sont. Ce n'est pas un problème à éviter. Elles font partie du travail, finalement.
Pleurer en séance, ce n'est pas craquer au mauvais sens du terme. C'est souvent le signe que le lien et la présence ont permis de déposer quelque chose. Et ces instants d'émotion, loin d'être des accidents de parcours, font partie des moments forts de mon accompagnement. Si vous vous reconnaissez là-dedans, pour vous ou pour un proche, vous pouvez m'en parler simplement. On avancera à votre rythme, avec mes animaux à côté.