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Conseils pratiques 5 min de lecture

Préparer l'arrivée du zoothérapeute dans votre établissement : la checklist équipe en 7 points

Jennifer De Groeve

Quand un établissement me contacte pour mettre en place des séances de médiation animale, la première question qui revient est souvent la même : « Qu'est-ce qu'on doit prévoir, nous ? » La réponse courte, c'est : pas grand-chose, et surtout pas de panique. Mais quelques détails, réglés en amont, font toute la différence entre une première séance qui se passe bien et une première séance bancale. Alors voici, dans mes mots, la checklist en 7 points que je transmets aux équipes du Grand Est qui m'accueillent.

1. Une pièce adaptée, pas forcément grande

Dans l'idéal, c'est de trouver une bonne pièce. Pas besoin d'une grande salle : une salle calme, fermée, où on peut s'installer confortablement, sans être dérangé par des allées et venues ou par des bruits extérieurs qui risqueraient de perturber les animaux. Mes chiens et mon lapin travaillent à la concentration et au lien. Un couloir de passage, une télé allumée à côté, une porte qui claque toutes les deux minutes, et la séance perd en qualité. Une pièce tranquille, c'est le premier cadeau que vous pouvez faire à l'atelier.

2. Un référent désigné dans l'équipe

Le deuxième point, c'est d'avoir un référent désigné. En gros, c'est la personne de l'équipe (soignant, éducateur, animateur) qui m'accompagnera pendant toutes les séances. L'idée, c'est qu'elle connaisse les bénéficiaires par cœur, et qu'on forme un bon binôme. Cette personne connaît l'histoire de chacun, repère qui ne va pas bien aujourd'hui, sait pourquoi telle dame ne parle plus depuis une semaine. Moi, j'arrive avec mes animaux et ma méthode. Le référent, lui, apporte la connaissance fine des personnes. C'est ce duo qui rend le travail utile.

3. Vérifier les contre-indications, phobies et allergies

Troisième point : vérifier les contre-indications, les phobies, les allergies, et s'assurer que les participants sont toujours OK. L'idée, c'est que tout le monde se sente en sécurité. Une personne allergique aux poils, une autre qui a une vraie peur du chien, ça se prépare, ça ne se découvre pas en pleine séance. Ce n'est pas grand-chose à vérifier, mais c'est non négociable. La sécurité et le confort de chacun passent avant tout le reste.

4. Prévenir la famille et les aidants

Quatrième point : prévenir la famille, les aidants. L'idée, c'est d'avoir le consentement, que ce soit des résidents eux-mêmes ou des parents pour les enfants. C'est toujours plus sympa que tout le monde soit au courant, et ça évite les surprises. Une fille qui apprend par hasard que sa maman caresse un chien chaque semaine, ça peut très bien se passer comme très mal. Autant que le projet soit connu, posé, partagé. Le consentement, ce n'est pas une formalité administrative : c'est ce qui ancre la séance dans le projet de vie de la personne.

5. Cadrer le planning et les horaires

Cinquième point : cadrer le planning. L'idée, c'est de se mettre d'accord en avance sur les horaires d'arrivée et le moment où commence la séance. C'est super important, parce que le temps d'installation et de repérage est très important pour mes chiens, et mes animaux d'ailleurs. S'ils n'ont pas ce temps-là, la séance se passe un peu moins bien. Si deux séances se suivent, on se met aussi d'accord sur un temps de repos pour mes animaux. Et on adapte la durée des séances à l'âge des personnes que j'accompagne : on ne tient pas le même rythme avec des enfants qu'avec des résidents âgés.

6. Penser à l'hygiène (un point d'eau suffit)

Sixième point, parlons hygiène. Mes animaux ont un suivi vétérinaire très suivi, ils sont brossés et lavés régulièrement. Du coup, ce serait quand même bien que l'établissement prévoie au moins un point d'eau pour que les gens puissent se laver les mains, ou du gel hydroalcoolique. En tout cas, vérifier que quand on m'amène les personnes, elles ont toutes plus ou moins les mains propres. Plus que moi, d'ailleurs. Rien de médicalisé là-dedans : juste le minimum de bon sens pour que tout le monde profite du moment sans arrière-pensée.

7. Prendre le temps de briefer l'équipe

Septième et dernier point : prendre le temps de briefer l'équipe soignante ou éducative, pour que tout le monde sache que je viens. Plus l'équipe est impliquée, plus l'impact positif de la séance se prolonge dans le temps. Une séance de médiation animale n'est pas une parenthèse isolée d'une heure. Ce qui se passe pendant l'atelier (une personne qui se remet à parler, un enfant qui s'apaise) peut être prolongé par l'équipe les jours suivants, à condition qu'elle sache ce qui s'est joué. Le brief, c'est ce qui transforme un bon moment en vrai levier.

Voilà, rien de sorcier

Et c'est tout. Comme je le dis souvent aux équipes : l'idée, c'est d'apporter de la légèreté et du soin, pas de rajouter de la charge de travail. Une pièce calme, un référent, trois vérifications de sécurité, un mot aux familles, des horaires clairs, un point d'eau, un brief d'équipe. Sept points, dont aucun ne demande de moyens particuliers. Préparer l'arrivée du zoothérapeute, ce n'est pas monter un dossier de plus : c'est créer les conditions pour que la première séance, avec Tips, Uxo et Tap-Tap, se passe bien.

Si vous coordonnez un EHPAD, un IME, une école ou une structure médico-sociale dans le Grand Est et que vous réfléchissez à mettre en place des séances, le mieux reste d'en parler de vive voix. Un appel suffit pour voir votre contexte et caler ensemble ces 7 points avant ma première venue.

Jennifer De Groeve

Zoothérapeute certifiée IFZ — Moselle (57)

Praticienne en médiation animale depuis plusieurs années, Jennifer intervient auprès de tous les publics avec Tips, Uxo et Tap-Tap. Elle partage ici ses observations de terrain et ses réflexions sur le métier.

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