Quand j'interviens en IME ou en ITEP, auprès d'enfants en situation de handicap ou avec des troubles du comportement, je préviens souvent : ce que je fais là n'a rien à voir avec une activité ou une animation classique. On ne sort pas un animal pour faire passer un bon moment et puis voilà. Chaque séance est pensée, adaptée, construite. Et le plus important se joue avant même que l'enfant touche le lapin ou le chien.
Tout part de l'observation
Je n'arrive jamais avec un déroulé figé. C'est impossible dans ces structures, et ce serait même une erreur. J'adapte chaque séance au profil des enfants : leur capacité, leur fragilité, leur niveau de compréhension, leur rapport au corps, leur sensibilité au bruit, au toucher, aux consignes, à la frustration.
Un enfant avec des troubles autistiques, un enfant TDAH, un enfant avec une déficience intellectuelle ou des troubles du comportement n'entrent pas en lien de la même manière. Certains ont besoin de distance, d'autres d'être dans le mouvement. Certains sont vite en surcharge, d'autres ont besoin d'un cadre beaucoup plus structuré pour se sentir en sécurité. Alors j'observe d'abord, et je m'ajuste. La séance se construit à partir de ce que je vois ce jour-là, pas à partir d'un programme préparé d'avance.
Le choix de l'animal n'est jamais automatique
On me demande souvent quel animal est adapté à quel trouble. Je ne peux pas répondre comme ça, parce que ce n'est pas automatique. On parle de sur-mesure, à chaque fois.
Ce que je peux dire, c'est comment je raisonne. Le lapin, plus calme et plus doux, se prête bien au travail de l'observation, de l'attente, du respect : on apprend à patienter, à approcher sa main lentement, à ne pas brusquer. Les cochons d'Inde sont dans la même lignée que le lapin, du côté de la douceur, de l'observation et du respect. Le chien, lui, ouvre d'autres portes : la communication, les consignes, la confiance, la coopération, le lien avec l'autre.
Mais ça reste des pistes, pas des règles. Le choix dépend de l'enfant, du lien qu'il a avec l'animal, des objectifs du groupe à ce moment-là, et de l'animal lui-même. Parce que mes animaux ne sont pas des outils : comment ils sont le matin compte aussi. Un chien fatigué, un lapin moins disponible, et j'adapte. Le bon animal pour un enfant un jour donné, c'est la rencontre entre tout ça.
Sans l'équipe, je ne peux pas grand-chose
Dans ces structures, travailler seule est quasiment impossible, et je ne le voudrais pas. Les éducateurs, les professionnels en place connaissent les jeunes. Ils savent leurs déclencheurs, ce qui les apaise, ce qui les met en difficulté. Cette connaissance fine, je ne l'ai pas en arrivant.
Ma façon de le dire, c'est : j'apporte mon accompagnement, mon regard et l'animal. Le reste, c'est avec l'équipe. Une séance ne prend du sens que si elle est construite avec eux, pensée autour des objectifs qu'ils suivent déjà avec l'enfant. Je ne viens pas par-dessus leur travail, je viens en soutien. Et c'est ce binôme, mon regard plus le leur, qui rend la séance vraiment utile.
Ce n'est pas spectaculaire, et c'est très bien comme ça
Si vous attendez quelque chose de spectaculaire, vous allez peut-être être déçu en regardant une séance de l'extérieur. Parce qu'une séance réussie, c'est très souvent un petit rien qui change beaucoup.
C'est un enfant qui attend son tour. Un enfant qui parle moins fort. Un enfant qui ose toucher l'animal alors qu'il n'osait pas. Un enfant qui respecte un "non", celui de l'animal ou le mien. Un enfant qui reste concentré quelques minutes de plus que d'habitude. Vu de loin, ça n'a l'air de rien. Vu de près, dans le contexte de cet enfant-là, c'est énorme.
Au fond, ce que je cherche à créer, c'est un espace où l'enfant aborde la relation autrement. Les limites, la confiance, la responsabilité, la communication : tout ça se travaille avec l'animal comme appui, sans que ça ressemble à un exercice. L'enfant ne se rend pas toujours compte qu'il apprend quelque chose. Et c'est exactement ce qu'on veut.
Pour les structures qui cherchent une vraie intervention
Je parle ici d'IME et d'ITEP parce que c'est mon terrain au quotidien, mais cette manière de travailler vaut aussi en SESSAD, en foyer, dans les services éducatifs. Partout où il y a des enfants ou des jeunes en situation de handicap, et une équipe qui les accompagne.
Si vous cherchez des interventions construites et adaptées, et pas juste une animation, c'est exactement ce que je propose. Le mieux, c'est qu'on en parle : un échange suffit pour que je comprenne votre structure, votre public, vos objectifs, et qu'on voie ensemble comment construire des séances qui ont du sens pour vos jeunes.